Bienvenue ! Posez-vous…

Évoluer dans le monde actuel impose au professionnel de s’informer mais également de prendre le temps d’analyser.

Ce sont deux tâches ingrates…
La première – s’informer – impose de choisir efficacement ses sources d’information.
La seconde – analyser l’information sur un contexte – demande une organisation où il est possible de « se poser ».

Ce blog propose à vous, « décideurs » – c’est à dire dirigeant d’entreprise (ou association), responsable de service, partenaire, étudiant – des informations rarement incluses dans la masse des flux uniformes et continus de « news », assorties d’une analyse factuelle pour votre structure ou métier, dans le cadre d’une application immédiate ou à terme.

Le format blog permet de savoir quand une information aura été publiée, donc de juger de sa récence/fraîcheur, même s’il sera tenté de mettre à jour les anciens articles dont le contenu ne nécessitera.

Merci de vous être posé(e) dans ce hub informatif. Bonne découverte !

De Covid-19 à Covid-20

Les insuffisances supposées ou réelles de nos dirigeants politiques sont régulièrement relevées sur ce réseau social et ailleurs.

On leur reproche principalement leur grand manque d’anticipation et de réalisme face à une crise sanitaire prévisible, si ce n’est annoncée.

Et l’on déplore évidemment les conséquences organisationnelles, qui ne sont toutefois pas grand chose (mais bien sûr tout est lié) à côté des conséquences humaines.

On promet dores et déjà de tirer des leçons de cette crise, de se mettre à penser différemment… parce que, après coup, il n’est pas possible de ne pas avoir imaginé les conséquences de la délocalisation d’activités stratégiques comme la production d’équipement de santé/protection.

Et il n’est pas possible que les décideurs politiques n’aient pas écouté les empêcheurs de penser en rond qui dénonçaient l’impact inévitable des réductions de budget dans le domaine de la santé.

Belle posture… Belle posture que celles de ces managers qui veulent entraîner leurs troupes dans un nouvel élan, un nouveau mode de pensée.

Belle posture que cette utilisation de nouveaux outils de télétravail pour contrer le blocage actuel, première traduction concrète de ce nouvel élan qui, regardez, est bien là.

Mais, dîtes, dîtes… les « managers », vous en ferez quoi de votre beau nouvel outil connecté en ligne et par APIs démultipliées quand, au choix voire même en pack :

  • les GAFAM que vous utilisez sans trop de réserve auront bien espionné et exploité vos échanges professionnels ?
  • ces mêmes entreprises se mettront à vous faire payer ces services que stratégiquement elles vous mettent en place gratuitement, pour l’instant ?
  • leurs dirigeants politiques décideront de « couper (ou réduire) le tuyau » par rétorsion politique/diplomatique/commerciale/etc. ?
  • il y aura une coupure de certains échanges par, là aussi au choix : attentat sur câbles sous-marins, attaque massive des DNS encore peu protégés, développement exacerbé de la cyber-criminalité (crise économique mondiale oblige) etc. ?
  • vous voudrez vous retourner vers des services locaux qui n’existeront plus parce qu’ils auront été négligés et auront donc disparu ?

Les entreprises technologiques françaises et européennes sont les masques de protection de demain.

A choisir, dans une majorité des cas, le tout-américain pour des applications critiques en entreprise, c’est se mettre exactement dans la peau d’une ministre de la santé incapable de s’assurer des stocks nécessaires face à une crise qu’elle n’a aussi pas su voir venir.

Après, je n’oublie pas le real-management qui est l’application en entreprise de la real-politique : il faut bien avancer… OK, admettons, mais un temps seulement. Parce que l’époque se complexifie et la facilité en devient donc un peu suicidaire.

J’ai lu ce matin le post d’une dirigeante d’un groupe de prêt-à-porter qui se réjouissait d’avoir créé un groupe de 500 collaborateurs sur… Facebook. Il y a l’urgence mais… Facebook quand même !

Et puis va faire du management avec cela, quand au beau milieu de tes sessions professionnelles en ligne les collaborateurs recevront, parce que l’identifiant de connexion est le même, leurs partages habituels de leur réseau familial/amical (ah les vidéos sur le confinement, parfois irrésistibles).

Et cette problématique de management n’est bien sûr que la partie émergée de l’iceberg…

Quitte à penser, et on ne peut reprocher à personne de ne pas le faire, il faut penser encore un stade plus loin : celui de la continuation de l’activité bien au-delà de l’urgence actuelle.

La crise est profonde, douloureuse. Extrayons-en le seul côté sans doute positif : la nécessaire remise en cause de la façon de gérer qui nécessite une bonne dose de vaccination contre la facilité, le court-termisme et le one-shot financier.

Bonne veille technologique nationale / européenne, bonne budgétisation de vrais services de travail à distance et d’organisation globale de l’activité via internet.

Et bonne santé personnelle, implicitement…

Cette année, ça va pitcher… ou piquer

Le propos du jour concerne ces séances de présentation de projets, de pitches si l’on est « puriste ».

Facile à retenir, c’est comme les brioches. Ou alors c’est le moment où l’on souhaite que notre projet ne fasse pas pchittt…

Ca va être un peu corrosif. Ce n’est jamais méchant. Ce n’est surtout pas dans un esprit « c’était mieux avant ». D’ailleurs je reconnais de vraies qualités à ces séances de brain-storming intensif et de striptease entrepreneurial ©. Ne serait-ce que pour se constituer un réseau via des rencontres potentiellement instructives.

L’idée est de prendre ces séances pour ce qu’elles sont et de ne pas en faire un outil d’apprentissage unique.

La brioche « pitch », c’est un emballage attrayant (ces « events » sont généralement bien organisés), une « texture » plus sujette à caution (n’est pas orateur qui veut, et c’est pourtant ce qui est en partie demandé), un cœur où tout se passe (on ne peut pas enlever la passion – et les idées – aux participants). Cela est donc globalement tout à fait positif.

Par contre, parce qu’ »aller pitcher » est accompagné d’un éco-système qui passe du choix du duvet à celui du pack de bières sans oublier le dress-code (tenue de ping-pong généralement), il y a un temps-logistique incompressible qui s’ajoute à celui du travail effectif en séance de pitch.

Là, quand on est étudiant, ça devient plus compliqué à gérer et surtout plus problématique sur un plan pédagogique.

Parce qu’un premier fond du problème est là (on va creuser ensuite) : manquer des cours (ou s’en détourner) pour préparer un pitch alors que lesdits cours sont tous indispensables a minima à long terme, quelle est la rentabilité exacte ?

J’ai en mémoire un groupe d’étudiants qui avaient fait « sauter » un cours sur le business plan sous prétexte de pitch à venir. Bonnnn, allez, ok, on est open… Retour au bercail, « ça s’est bien passé, M’sieur, mais ils ont jugé notre montage financier trop léger ». Ah, dommageable coïncidence…

Simple problème de timing ? Certainement. Mais justement, ne nous précipitons pas sur les pitches sans être certain(e)s d’avoir les connaissances minimales.

Par ailleurs, il y a de vrais talents parmi les étudiant(e)s et je confirme que certain(e)s ont tellement la fibre business qu’ils pourraient se passer de cours théoriques (avec du vécu pro’ dedans, en ce qui me concerne). Mais combien sont-ils ?

Surtout, pour ces personnes-là, ne pas aller pitcher ! Grave erreur d’intelligence économique.

L’an dernier, une présentation de projets faite en collaboration entre une école de commerce et une école d’ingénieur s’est déroulée sur le campus de la Doua (Lyon-Villeurbanne). J’y assistais pour encourager « mes » étudiants. Notre attention s’est assez vite portée sur un trentenaire sorti de nulle part, inconnu aux bataillons. Il était là, bardé de « gadgets » technophiles. Un classique geek ? Pas que.

En l’ayant approché, j’ai eu du mal à saisir son discours. Une langue française (volontairement ?) peu intelligible, des objectifs évasifs. Clairement, pas de pudeur de gazelle comme dirait l’autre, il espionnait les pitches !

Là est un autre problème de ces séances publiques : les meilleures idées peuvent être volées, les meilleurs concepts/prototypes peuvent être pillés, les meilleurs noms de domaine internet peuvent être fauchés (s’ils me lisent ils se reconnaîtront…), etc. Pas d’angélisme, qu’importe les chartes de « bonne conduite », le pillage économique commence là, y compris parmi les coachs, parfois, et les sociétés partenaires (souvent ?). Et si c’est proprement scandaleux, ça n’en est pas moins un risque avéré.

Le pitch reste une expérience à vivre. Surtout humaine. Et j’encourage sincèrement tout étudiant(e) à y participer, d’autant qu’il y a de belles réussites par ce biais-là. Mais ce n’est un outil d’apprentissage qu’à partir du moment où les bases sont présentes. Ne nous leurrons pas. Et si les bases sont acquises, par formation ou par gènes, n’y allez plutôt qu’en spectateur. Votre projet (de qualité) sera davantage à présenter dans la confidentialité du bureau d’un business-angel ou d’une société de capital-risque et réussira tout aussi bien. Et ce sera vous derrière, pas un pirate de l’information économique.

Préparez-vous à pitcher, mais faîtes-le en connaissance de cause. Il ne faudrait pas que ça aboutisse à piquer… Bons projets !